Florent Sainte-Fare Garnot. Directeur Général de la SPL Lyon Part Dieu
Pouvez-vous décrire la mission de la SPL Lyon Part Dieu ?
Nous sommes l’aménageur du quartier Lyon Part Dieu. La SPL Lyon Part Dieu a été créée par la Métropole et la ville. Nous pilotons l’aménagement du quartier sous l’angle des espaces publics souvent en maîtrise d’ouvrage direct. Ces transformations immobilières impliquent la plupart du temps l’accompagnement de projets privés.

Comment l’urbanisme va participer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des occupants du Britannia ?
Je vois trois leviers d’amélioration sur le plan urbain : la dalle, le socle et la rue. La dalle du Britannia constitue une partie de la dalle héritée des années 60 et 70. Quand la cité administrative sera déconstruite, il ne restera plus que la dalle du Britannia et celle du pied de la Tour Part-Dieu.
Nous avons prévu dans un premier temps le réaménagement de la dalle qui englobe le pied de la Tour Part-Dieu, les parties circulées entre l’immeuble PDG et le Britannia, mais aussi le cœur d’îlot du Britannia. Ce réaménagement sera réalisé dans un langage architectural unique. Nous allons améliorer la qualité de cet espace qui, aujourd’hui, n’est absolument pas à la hauteur de la Part-Dieu. Notre ambition est de proposer pour la dalle un sol robuste, véritablement « marchable », et un espace végétalisé là où la portance le permet.
Vous avez évoqué deux autres leviers ?
Oui, le second concerne le socle, que l’on va rendre actif. Ce projet part d’une idée brillante portée par Ludovic Boyron qui a dirigé la SPL Lyon Part-Dieu. Il s’agit du « retournement » des entrées-sorties des parkings du Britannia. Ces accès, situés aujourd’hui boulevard Deruelle, seraient déplacés vers la rue Bonnel, au niveau de la trémie. Ce basculement technique permettrait, après un remembrement foncier, d’ouvrir des socles actifs là où vous avez aujourd’hui deux étages de parking.
Ceci va transformer radicalement le rapport du Britannia à la rue. Avec des commerces, des TPE ou PME qui redonnerons vie à la rue et modifierons la perception du bâtiment. On peut tout imaginer ici : une salle de sport, des locaux d’activité pour des artisans…
Le troisième levier, c’est le réaménagement du boulevard Deruelle, qui est prévu et financé dans le projet urbain de la Part-Dieu et que nous espérons réaliser durant ce mandat.
« Nous avons longtemps pensé qu’il fallait attendre le «retournement» des parkings pour opérer le réaménagement de la rue. Aujourd’hui, la SPL Lyon Part-Dieu souhaite actualiser cette approche et proposer aux élus d’accompagner le lancement de Britannia 2 en engageant la rénovation du boulevard Deruelle dès le début du mandat afin qu’il puisse aboutir durant ce mandat. Nous pensons qu’il faut profiter de cette dynamique car, après tout, on peut agir en maintenant les entrées-sorties charnières des parkings tant qu’il y en a besoin, jusqu’au jour où elles n’auront plus lieu d’être »
Que diriez-vous aux locataires et futurs locataires du Britannia ?
Je serais tenté de leur dire qu’ils sont locataires d’un lieu dont la valeur symbolique va être totalement rehaussée par l’audace du projet. On aime ou on n’aime pas l’architecture du Britannia, car elle est très singulière, mais on ne peut qu’admirer l’exploit que représente Britannia II.
Être installé dans ces murs, cela veut dire être locataire dans un site qui bénéficie d’un véritable exploit immobilier. C’est le deuxième exemple de ce type en France. Ceci a une valeur symbolique forte, à l’image de l’histoire de ce grand paquebot amarré au cœur de la Part-Dieu depuis les années 70. Plus concrètement, il y a le fait que l’on va retrouver au Britannia un confort tout à fait comparable à des bâtiments du XXIe siècle et bien sûr bénéficier plus que jamais d’une situation exceptionnelle dans la Part Dieu, deuxième pôle tertiaire en France.